« Les Jours qui Bâtissent » : témoignage d’une participante (1/2)

Du 14 au 17 mai 2026, Christelle Makou, volontaire en découverte dans l’équipe jeunesse à Bruxelles, a participé pour la première fois au festival « Les Jours qui Bâtissent », au Centre international d’ATD Quart Monde à Méry-sur-Oise. Elle raconte.

De l’appréhension à la rencontre

Avant ce voyage, je ressentais une certaine appréhension. Je me rendais dans un pays et dans un lieu que je connaissais peu, pour participer à un événement dont je ne savais pas encore exactement comment il allait se dérouler. Je partais avec beaucoup de curiosité, mais aussi avec de nombreuses interrogations.

Dès notre arrivée, mes inquiétudes ont rapidement disparu. La première chose qui m’a frappée a été la qualité de l’accueil. L’équipe présente sur place s’est montrée particulièrement chaleureuse, disponible et attentive. L’organisation était remarquable et l’atmosphère immédiatement conviviale. Je me suis sentie considérée et entourée.

Notre présence avait également un objectif particulier. En tant que volontaires, nous étions là pour accompagner les jeunes militants et les familles venues avec nous de Belgique, veiller à leur bien-être et partager ces journées avec eux.

Une multitude d’ateliers

Ces journées ont été rythmées par plusieurs ateliers. J’ai été impressionnée par la qualité des personnes qui animaient les différents ateliers. Elles maîtrisaient profondément les sujets abordés et parlaient avec conviction, mais aussi à partir d’expériences concrètes. Cette richesse m’a beaucoup marquée. J’ai découvert à quel point, au sein d’ATD Quart Monde, la réflexion et l’action s’appuient sur une connaissance approfondie des réalités de la pauvreté et, surtout, sur la parole des personnes qui la vivent.

Deux ateliers m’ont particulièrement touchée. Le premier avait pour sujet « Comment lutter pour les droits aux côtés des familles roms ? ». Cette rencontre m’a particulièrement touchée, car c’était la première fois que j’entendais aussi clairement le vécu des familles roms, leurs aspirations, leurs combats et les nombreuses inégalités auxquelles elles sont confrontées. Les témoignages et les échanges m’ont aidée à comprendre que la pauvreté ne se présente pas partout de la même manière. Elle est vécue différemment selon l’histoire, l’origine, la situation familiale et les discriminations que subissent les personnes. Lutter contre la pauvreté demande donc d’écouter chaque réalité sans la réduire à des idées générales ou à des préjugés.

Le second était intitulé « Comment mettre en place des actions à impact à partir de la présence dans un quartier : clefs de réussite à partir de l’expérience à Genève ». Marina Arcos Arjona nous a raconté comment une action locale avait été pensée et co-construite dans un quartier de Genève. À partir de cette expérience, elle a montré comment la confiance, la proximité et la continuité peuvent permettre de construire, avec les habitants, des actions qui transforment progressivement la vie d’un quartier. Cet atelier a particulièrement fait écho à mon engagement dans une bibliothèque de rue.

Un festival de rencontres

Mais le festival ne se résumait pas aux conférences et aux ateliers. Il a également été un formidable espace de rencontres. Nous avons pris le temps d’échanger avec les jeunes venus avec nous de Belgique, de mieux nous connaître et de créer des liens. Avec les nouvelles personnes rencontrées, nous parlions de nos parcours, de notre découverte d’ATD Quart Monde, de nos engagements et des raisons qui nous avaient conduits jusqu’à Méry-sur-Oise. Même si nous venions de pays, de milieux et d’horizons différents, nous partagions le même désir de construire une société dans laquelle personne ne serait laissé de côté. Chacun venait avec son histoire, son expérience et ses connaissances, mais tous semblaient animés par le même esprit de partage, de dignité et de solidarité.

Je suis arrivée à Méry-sur-Oise avec des interrogations et une certaine réserve. J’en suis repartie enrichie par les ateliers, les témoignages et les rencontres. Ce premier festival m’a permis de mieux comprendre l’esprit d’ATD Quart Monde et l’importance de construire les actions avec les personnes qui ont l’expérience de la pauvreté. Il m’a également rappelé que la lutte contre la misère ne repose pas seulement sur de grandes idées : elle commence dans l’accueil, l’écoute, la rencontre, la confiance et l’attention portée à chaque personne.

Pour moi, « Les Jours qui Bâtissent » porte donc très bien son nom. Pendant quatre jours, nous n’avons pas seulement parlé de ce qu’il faudrait changer : nous avons commencé à bâtir ensemble, à partir de nos différences, de nos expériences et de notre volonté commune de ne laisser personne de côté.