L’engagement de Lola, alliée française, dans les séjours d’été des jeunes de Belgique

Nous avons rencontré Lola, une jeune française de 23 ans, qui vient soutenir l’animation du séjour d’été des jeunes de Belgique depuis 2023. Elle nous partage ici son parcours avec ATD Quart Monde, ce qu’elle y a appris et comment cela a influencé sa vie. En septembre, elle entamera une découverte du volontariat permanent.

Tout a commencé avec un service civique

Cette année, Lola termine ses études de droit, à la Sorbonne, à Paris. Il y a six ans, après son premier semestre de droit, elle fait une pause pour faire un service civique à ATD Quart Monde pendant six mois. Elle passe trois mois à la Bise (maison familiale de vacances d’ATD Quart Monde, dans le Jura), dans une période de Covid, où l’équipe faisait des mises à l’abri pour les familles qui avaient besoin de quitter leur lieu de vie. Les trois mois suivants sont consacrés à l’organisation de la Rencontre Des Engagements, un événement qui a rassemblé 800 membres d’ATD Quart Monde France pendant une semaine.

Au cours de ce service civique, Lola a non seulement découvert le Mouvement et sa manière de lutter contre la pauvreté mais elle s’est aussi fait énormément d’amis, dont plusieurs sont devenues volontaires permanentes, notamment Margot, animatrice du groupe jeune en Belgique.

Elle reprend ensuite ses études de droit – et s’y consacre à 100% penant l’année. L’été, elle participe à des événements d’ATD Quart Monde, en France et en Belgique, comme la rencontre européenne des jeunes en 2024 et les séjours d’été en Belgique.

« Après le premier séjour, c’est devenu impensable de ne pas revenir »

Dès le premier séjour, Lola accroche car des choses très intenses s’y vivent. Le groupe des jeunes belges est très solide, même si le collectif reste un objectif constant. Elle a eu envie de revenir à un deuxième séjour pour retrouver les jeunes et prendre de leurs nouvelles. Elle raconte : « Comme je ne vois les jeunes qu’une fois par an, je ne vois pas les moments difficiles qu’ils vivent donc ils savent que quand on se voit, c’est que ce sont les vacances, on est dans une dynamique différente. Je vois d’une année à l’autre le travail qui a été fait pendant l’année et l’évolution qu’il y a eu. Je me sens privilégiée d’être spectatrice de leur évolution : ils sont plus à l’aise en collectif, ils se font plus confiance. Je peux voir que le travail qui est fait à ATD est hyper concret.« 

Des moments intenses

La dernière soirée des séjours est toujours festive, musicale et dansante. Cette année, c’était une soirée karaoké. Pour Lola, c’est un moment qui lui remplir beaucoup le cœur : « Tout le monde est ensemble dans la même pièce, à se soutenir pour que l’un ou l’autre prenne le micro et chante. Pour les jeunes, on sent que c’est un moment de fête très intense et que ça ne fait pas du tout partie de leur quotidien.« 

D’autres activités qui fonctionnent bien sont les activités un peu cocasses. Par exemple, les jeunes ont pu aller faire un « bain d’ânes » : certains ont adoré, d’autres ont trouvé ça plus difficile mais étaient prêts à essayer. Le moment qui a le plus marqué Lola, c’était lors de son deuxième séjour : c’était un temps d’activités créatives, elle a commencé à mettre du vernis avec deux autres filles, puis un jeune est arrivé et a demandé à en avoir lui aussi. À la fin de cette soirée, tout le monde se retrouve avec du vernis violet à paillettes sur les doigts. Lola nous partage : « J’ai trouvé ce moment hyper fort parce que ça montre que les jeunes sont prêts à tout, super volontaires et au final peu de choses les arrêtent ou les gênent. Avec Margot, ils sont assez en confiance pour savoir qu’ils peuvent tout faire.« 

L’influence d’ATD sur le parcours de Lola

Sa rencontre avec le Mouvement et surtout avec les gens qui vivent la pauvreté a eu lieu quand elle avait 17 ans. Cela a chamboulé les possibilités : suite aux liens et aux discussions avec les militants quart monde, c’est comme si c’était devenu impossible de revenir à un format plus traditionnel de vie. Elle ajoute : « Dès les premiers moments avec eux, je me suis dit que je ne serais jamais avocate. ATD a créé une sorte de courbe dans mon parcours : j’étudiais à la Sorbonne, j’étais censée devenir avocate et puis ma vie a bifurqué du tout au tout. »

A travers sa participation à ces événements, Lola a pu découvrir le volontariat permanent. Elle a vu les volontaires permanentes organiser des séjours, faire des rapports, rendre des écrits, se questionner et est très reconnaissante d’avoir créé un parcours militant avec ATD : « À ATD, j’ai appris à me construire avec les personnes les plus pauvres et à partir d’elles« . De septembre à mai, Lola est en contact avec des étudiants issus de la haute bourgeoisie parisienne, et en été, elle est avec des jeunes du même âge qu’elle mais qui ont une toute autre vie. Elle conclut en disant : « Quand je passe un moment avec ATD, ça me remet dans qui je suis, avec qui j’ai envie de travailler, avec qui j’ai envie de passer du temps. »

Propos recueillis par Anne-Elisabeth Lesne