Les bibliothèques de rue ne se confinent pas

La reprise des activités de lecture auprès des enfants dans quelques quartiers

Depuis quelques années, les bibliothèques de rue sont l’une des actions principales d’ATD Quart monde. Donner aux enfants l’envie de lire, le désir d’apprendre et transformer la représentation du livre en un objet culturel attrayant… Voilà, entre autres, l’intention des bibliothèques de rue en Belgique. A Molenbeek, voilà bientôt 5 ans que les équipes d’ATD accueillent entre 5 et 15 enfants chaque semaine. Toujours au rendez-vous, les enfants nous rejoignent sur la place pour discuter, relire leurs livres fétiches et en découvrir de nouveaux. A la bibliothèque de rue, les enfants se nouent d’amitié un peu plus chaque semaine autour du livre, peu importe l’âge, l’origine ou la religion. Ils.elles sont libres d’aller et venir comme ils.elles le souhaitent et semblent toujours ravi.e.s de venir passer du temps sur la place Brunfaut à proximité de leur logement pour échanger et partager de riches moments.

Le refus d’un nouvel abandon

Il nous est important de leur changer les idées et être présents d’autant plus en cette période de crise sanitaire. Nous souhaitons leur prouver notre intérêt à leur égard et notre refus de les abandonner une nouvelle fois comme ça a pu être le cas lors du premier confinement. Nous souhaitons prendre plaisir à la lecture tous ensemble. Même s’il est plus compliqué de se rassembler avec les règles sanitaires actuelles, il nous semble essentiel de placer les échanges et la rencontre au cœur de nos activités.

A nos yeux, les bibliothèques de rue sont plus que nécessaires en cette période difficile. Il nous est, certes, plus compliqué d’organiser nos activités durant la crise sanitaire car les règles se sont accentuées et la situation aggravée. Cependant, les mesures nous permettent toujours de nous rassembler à l’extérieur pour des activités avec les enfants de moins de 12 ans. Nous parvenons donc à notre but en gardant une connexion avec les enfants et en établissant une confiance en les fidélisant à la bibliothèque d’autant plus après notre dernière absence.

Se changer les idées et partager nos questionnements

Nous sommes convaincu.e.s que nous pouvons continuer à lire, à faire de la peinture et à nous amuser même avec ces nouvelles mesures. Nous sommes attentif.ve.s à la parole des enfants et malgré quelques remarques concernant la période qui ne les rassure pas toujours, les enfants semblent globalement sereins. Ils.elles ne sont pas les seuls à nous parler de leur crainte du virus, parfois accompagné.e.s de leurs parents qui s’inquiètent aussi de la situation. Ces derniers sont souvent ravis de nous voir continuer tous les mercredis et de permettre à leurs enfants de se changer les idées le temps d’une après-midi.

Dans cette logique de protéger la santé des participants, la Bibliothèque de rue s’est adaptée aux règles sanitaires comme par exemple se désinfecter les mains, garder nos distances et, pour les animateurs, porter un masque. Il ne nous est pas toujours simple de nous assurer que chaque enfant se lave bien les mains, mais ceux-ci semblent déjà être habitués grâce à l’école et, de ce fait, ne remettent pas en question ces règles.

Des idées novatrices

Puisque nous souhaitons continuer la bibliothèque de rue, nous réfléchissons à des activités réalisables durant la crise sanitaire. Nous avons imaginé plusieurs activités possibles comme, par exemple, utiliser le Kamishibai, un petit théâtre de papier ambulant avec lequel nous pouvons conter des histoires en faisant défiler des illustrations devant les spectateurs. Les semaines passées, nous avons notamment colorier sur des marrons, créer des citrouilles d’Halloween ou encore dessiner avec des craies sur le sol.

Il est certain que les rencontres avec les enfants sont enrichissantes pour les animateurs.ices comme pour les enfants. Il arrive presque aussi souvent qu’un.e animateur.ice lise une histoire à un enfant que l’inverse. Nous apprenons chaque semaine à nous connaitre mutuellement et les liens qui se créent semblent importants. Lors de chaque départ, nous avons droit à la traditionnelle question : « Vous reviendrez la semaine prochaine ? » qui démontre la curiosité, le plaisir et l’envie de revivre chaque semaine une après-midi autour de cet objet culturel avec lequel nous tentons de reprendre contact, le livre.

Par Mila et Emma, jeunes animatrices des bibliothèques de rue à Bruxelles

Ces dernières semaines, nous avons remarqué une attirance manifeste pour la nature. Nous avons donc tenté d’initier les enfants à des livres et à des activités qui portent davantage sur la nature et les animaux. Les coloriages, les contes et les travaux manuels sont donc de mises ! Du dessin sur des marrons aux contes sur les poissons, voilà une initiation sympathique qui semble plaire à ces enfants qui vivent dans des quartiers où la verdure et les parcs ne sont que très peu présents.