« Les Jours qui Bâtissent » : témoignage d’une participante (2/2)

Du 14 au 17 mai 2026, Ola Rachmajda, volontaire en découverte dans l’équipe jeunesse à Bruxelles, a participé pour la première fois au festival « Les Jours qui Bâtissent », au Centre international d’ATD Quart Monde à Méry-sur-Oise. Elle raconte.

Un tournant dans son expérience

J’ai eu l’occasion de participer au festival « Les Jours qui Bâtissent ». Je m’implique activement dans les activités du mouvement ATD Quart Monde en Belgique depuis septembre dernier et je dois avouer que ce week-end a marqué pour moi un tournant dans mon expérience du volontariat.

Dès les premiers instants, Méry-sur-Oise surprend par sa beauté. Mais il ne s’agit pas seulement d’un cadre exceptionnel et de la proximité de la nature, c’est avant tout l’énergie des personnes que l’on y rencontre. Le festival m’a permis d’avoir de nombreuses conversations intéressantes et de faire la connaissance de personnes engagées dans les actions d’ATD, non seulement en Belgique, mais aussi en France, en Suisse ou encore au Grand-Bretagne. Dès les premières heures, ce lieu débordait de vie, et l’énergie positive des participants était très contagieuse. J’ai rapidement eu l’impression qu’il s’agissait d’un espace alternatif où chaque action, chaque rencontre ou chaque discussion devenait une expérience commune pour ceux qui décidaient d’y prendre part.

Mieux comprendre le Mouvement ATD grâce aux ateliers

Notre séjour à Méry a commencé par l’installation dans nos logements et un repas pris tous ensemble. Nous avons ensuite pris connaissance du programme préparé par les organisateurs et avons pu choisir parmi divers ateliers et activités. J’ai opté pour l’atelier de peinture à fresque, la visite de Méry et la présentation d’un groupe de jeunes belges animée par Margot. Chacune de ces expériences m’a permis d’aborder les activités d’ATD sous un angle différent.

L’atelier de peinture de fresque a revêtu une importance particulière à mes yeux. Ce travail pratique et manuel sur un projet d’envergure m’a permis de faire l’expérience de la coopération de manière très concrète. Chacun apportait quelque chose à l’œuvre commune : son travail, une idée, une couleur ou un regard sur la composition en cours de réalisation. Un simple mur de bâtiment a peu à peu pris tout son sens grâce à cet effort collectif. Cela a été pour moi une illustration simple, mais très claire, de ce que peut être un collectif : un espace où des personnes différentes peuvent créer ensemble quelque chose qu’aucune d’entre elles n’aurait pu réaliser seule.

Ma visite de Méry a quant à elle constitué un moment important qui m’a permis de mieux connaître l’histoire du mouvement ATD Quart Monde. Même si je travaille depuis plusieurs mois déjà au sein de l’équipe belge d’ATD, le fait de découvrir le lieu où une partie de l’histoire du mouvement s’est déroulée m’a permis de mieux comprendre ses racines et les valeurs qui sous-tendent les actions menées aujourd’hui.

Mais ce qui m’a le plus émue, c’est la présentation du groupe de jeunes belge. Même si je connaissais déjà son existence, ce n’est qu’au cours du festival que j’ai eu l’occasion de mieux connaître les personnes qui le composent et la manière dont elles vivent ce groupe. Dans un podcast préparé par les jeunes, les participants ont parlé de leurs relations avec le groupe, de ce qu’ils peuvent y apporter et de ce qu’ils en retirent, ainsi que de la façon dont ils se sentent au sein de cette communauté. Leurs témoignages m’ont beaucoup fait réfléchir.

L’importance du collectif

J’ai commencé à réfléchir à l’importance du collectif dans notre travail et à la force que peut apporter un groupe. ATD est un mouvement qui repose sur la rencontre et la collaboration entre des personnes aux expériences diverses. C’est précisément en partageant ces expériences que nous pouvons apprendre les uns des autres et mieux comprendre la réalité de l’extrême pauvreté contre laquelle nous nous efforçons de lutter ensemble. Ce festival m’a montré que le collectif n’est pas seulement un moyen d’organiser le travail. Il peut aussi être un espace où chacun a le sentiment que son expérience compte, tout en pouvant apprendre des autres.

Je pense que c’est précisément pour cette raison que ce week-end a été pour moi un tournant. Il m’a permis de voir ATD non seulement comme une organisation au sein de laquelle nous menons des actions concrètes, mais surtout comme une communauté internationale de personnes qui, à travers la rencontre, la collaboration et l’échange d’expériences, tentent de trouver des réponses au problème de l’extrême pauvreté. J’ai quitté Méry avec le sentiment que mon engagement au sein d’ATD s’inscrit dans quelque chose de bien plus vaste que les actions menées au niveau local. Mais surtout, j’ai été confortée dans ma conviction que le changement commence par des personnes capables d’agir ensemble, de s’écouter mutuellement et de construire un espace commun.